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Le mot confiance est fédérateur

Pour les professionnels du conseil et de l’accompagnement, le mot confiance est fédérateur : il est un signe de reconnaissance, il dit quelque chose de la manière de penser la relation, de se situer en tant que professionnel. Mais justement ce caractère consensuel masque un peu les subtilités de la notion. C’est que la confiance en général reste une intention. Elle n’a de sens qu’en contexte et prend les formes des interactions.

Alors, drôle de moment pour parler de confiance.

Une période de suspicion

Au contraire, la période est marquée de suspicion, de doutes, de rumeurs, de Fake news, de contrôle. Nous chassons les intox, nous nous méfions des informations. Une simple photo truquée peut en quelques secondes générer des torrents de haine qui s’amplifient au gré des retweets et des commentaires.

Hystérie du moment ? Faiblesse de la vérité, comme l’exprime avec inquiétude la philosophe Myriam Revault d’Allones dans son dernier essai. Le vrai n’aurait plus la côte. L’opinion est plus intéressante. D’ailleurs le vrai est contesté à tous les niveaux : sciences, politique, religion…le vrai a du plomb dans l’aile. Alors, moment de transition ? Effets amplifiés des conceptions constructivistes qui questionnent le réel dans sa construction sociale ? Moment d’incertitude tel que certains britanniques qui ont voté pour le Brexit doivent se dire aujourd’hui qu’on ne leur avait pas tout dit. Ou qu’ils n’avaient entendu que ce qu’ils voulaient croire en fonction d’un biais cognitif bien connu.

Une crise collective de confiance

En somme, ce qui nous frappe, c’est que le crédible prend le pas sur le vrai. Et de fait la confiance est en berne car à qui se fier si rien n’est sûr et que tout est contesté car contestable. Face à l’endormissement généré par le savoir scientifique stable apparaît un monde du réel contesté et polémique. Chacun dresse le portrait de ce qu’il faut penser de ce qui se passe. Les commentaires deviennent plus importants que les faits. Et les faits sont interminablement commentés sur les chaînes d’information continue.

Nous vivons donc bien une crise collective de confiance : perte des grands repères et idéaux collectifs et repli sur soi, doute quant à la politique et à la représentation, suspicion vis à vis des hiérarchies, conflits intergénérationnels…


Article complet :

  1. La confiance, de quoi parle t-on ?
  2. Confiance en soi ? Confiance en l’autre ?
  3. Société du contrôle : un déni de confiance ?
  4. Alors ? Des conséquences sur les pratiques d’accompagnement ?

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Myriam Revault d’Allones, La faiblesse du vrai, seuil, 2018, Paris

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